🗓️ Le 04 février 2026
🏁 Kilomètres : 2178
Faire du stop aujourd’hui à été beaucoup plus simple et même si peu de véhicules circulaient ce matin à 7h30, il ne me faut qu’une vingtaine de minute pour trouver une voiture qui me conduira par chance directement à destination. La météo est encore grise des pluies de la veille mais des éclaircies apparaissent rapidement durant la matinée. Cette section de marche de quatre jours m’amènera à Arthur’s Pass.
Dès le départ, j’ai deux rivières à traverser, les pluies de la veille ayant légèrement gonflé les eaux, même si le niveau reste tout à fait franchissable et l’eau étant claire. Le sentier s’enfonce ensuite dans une série de buissons épineux et se transforme rapidement en un labyrinthe dans lequel je me perds quelques fois. De nombreuses zones marécageuses sont à franchir, j’ai bien compris que je n’aurais aujourd’hui pas les pieds au sec.
Dans la deuxième partie, le tracé devient plus facile à suivre en traversant des forêts et des champs d’herbes hautes. Je m’arrête de marcher vers 17h, j’avais prévu d’aller un peu plus loin mais mes dessous de pieds sont douloureux, peut être dûs aux jours de repos et au fait que le corps se relâche ? Je retrouve Jolly et Matteo ainsi que d’autres randonneuses et nous passons la soirée à jouer à Codename, quelqu’un ayant laissé le jeu de société en libre accès dans la hutte.
🗓️ Le 05 février 2026
🏁 Kilomètres : 2214
Je me réveille vers 06h15 ce matin sans particulièrement avoir de plan en tête pour la journée autre que de marcher et de m’arrêter quand le cœur m’en dira. La température est bien fraîche ce matin, de nombreuses nappes de brumes parsemant la plaine, et comme si ceci n’était pas suffisant, je dois franchir un cours d’eau glacé cinq minutes après le départ, suivi de nombreux marécages dans lesquels mes pieds s’enfoncent dans un mélange d’eau et de boue ; la marche réchauffant le corps, le froid est vite oublié.
Le sentier entre ensuite dans une forêt et commence à redescendre en douceur, avec parfois quelques vues entre les arbres sur le lac Sumner qui mesure une dizaine de kilomètres de long et est d’un bleu azur. Le sentier ne passe malheureusement pas directement à côté du lac et ça n’est qu’arrivé tout au bout que j’en ai un aperçu plus global. Recouvrant toute la largeur de la vallée, son bleu vif contraste avec le jaune des herbes d’été et avec les différents tons de verts sur les collines couvertes de forêts de l’autre côté du lac. Je souhaite prendre une pause afin de l’admirer, mais celle ci est écourtée par les nuées de Sandflies qui gravitent tout autour de mon visage.
Pour rappel (pour ceux qui auraient raté un des précédents articles), les Sandflies sont des insectes de la taille de moucherons et qui vous piquent tels de voraces moustiques, ceci même parfois à travers les habits. Ici au cœur de l’île du sud, ils pullulent et sont un véritable fléau pour les randonneurs. Il n’est pas possible d’imaginer prendre son temps à se coucher dans l’herbe ou même de faire une sieste : les repas sont pris dans les huttes ou dans sa tente, juste quelques petites pauses peuvent être prise rapidement avant qu’ils ne deviennent trop nombreux. Fort heureusement, ils n’attaquent pas lorsque nous marchons.
Après mon déjeuner (pris dans une hutte), je continue à remonter la vallée et arrive à une source naturelle d’eau chaude se trouvant en lisière de forêt, à une vingtaine de mètres au dessus du niveau de la rivière, un bassin ayant été aménagé pour permettre de s’y baigner. J’enfile une espèce de moustiquaire à ajouter au dessus de ma casquette qui me permet de profiter de l’eau chaude sans être dérangé par les sandflies. L’eau n’est pas simplement tiède, elle est vraiment chaude ! Quel plaisir d’être ici seul dans la nature, avec cette superbe vue, en train de profiter d’une spécificité plutôt rare ! Après quelques minutes, je descends me baigner dans la rivière pour me refroidir.
Revigoré, je continue la marche et m’arrête vers 18h lorsque je trouve un endroit convenable pour planter ma tente en bordure de forêt et de rivière. Après m’être douché, je file sous la tente et évite d’en sortir pour ne pas me faire dévorer. Sandflies mis à part, planter sa tente ici dans ce coin de nature si beau et si isolé est un sentiment extraordinaire. Je dors seul ce soir, j’ai les lieux pour moi tout seul !
🗓️ Le 06 février 2026
🏁 Kilomètres : 2248
J’ai passé une très bonne nuit bercé par le son de la rivière. La météo ce matin est claire avec quelques nuages blancs, mais le ciel se couvre vite dans la matinée de sorte qu’à partir de 11h, une fine bruine se met à tomber en s’intensifiant à partir du milieu d’après midi pour finir en averses en soirée.
Les premiers kilomètres se font en remontant la dernière partie de la vallée, puis après avoir passé un col à 950 mètres d’altitude, le sentier redescends de l’autre côté dans une autre vallée. Celle ci semble avoir souffert d’énormes dégâts dûs à des épisodes de pluies répétitifs car ses flancs sont tout éboulés, d’immenses masses de rochers et d’arbres déracinés jonchant le creux de la vallée, transformant le sentier en une sorte de parcours du combattant sur une vingtaine kilomètres. La plupart du temps, le mieux est encore de marcher dans le lit pierreux de la rivière qui est large parfois d’environ 200 mètres, la rivière coulant ici et là, se divisant parfois en plusieurs bras, modifiant son tracé après chaque nouvelle tempête.
Marcher sur des rochers et galets est fatiguant, les chevilles sont très sollicitées et il faut veiller à chaque pas à ne pas se faire d’entorse. En arrivant au bas de la vallée, le chemin marque une courbe en suivant le lit d’une autre rivière, elle aussi très large et recouvertes de pierres. Le parcours bifurque une dernière fois pour la journée en s’enfonçant dans troisième vallée, celle ci étant également recouverte dans toute sa largeur de masses immenses de rochers charriés par de précédentes tempêtes.
La pluie qui tombe plus drue rend les rochers glissants et après avoir parcouru 34 kilomètres dans la journée, mes chevilles crient au secours, je suis fatigué et trempé. Je trouve un coin d’herbe rase convenable pour planter ma tente et me glisse à l’intérieur ; certaines de mes affaires sont mouillées mais j’ai la satisfaction d’avoir un petit cocon à peu près sec au milieu de la pluie pour la nuit.
🗓️ Le 07 février 2026
🏁 Kilomètres : 2266
Ce matin le ciel est encore couvert mais s’éclaircie lentement dans la matinée. J’ai 18 kilomètres à marcher aujourd’hui en continuant de grimper la vallée jusqu’au col de la Chèvre et ensuite redescendre dans une autre vallée pour rejoindre le hameau Arthur’s Pass. Le sentier se mêle souvent à la rivière et est très technique, les pierres sont glissantes et je dois m’aider de mes mains la plupart du temps. Les décors sont assez sombre avec les montagnes tout autour qui grimpent en se perdant dans la brume et les masses de roches grisonnantes.
En arrivant au sommet après 4h à crapahuter pour faire 9 kilomètres, la vue se dégage et le col de la Chèvre s’ouvre à moi avec ses hautes montagnes alentours recouvertes d’herbes. Le contraste avec la vallée grise et encaissée par laquelle je suis arrivé est saisissante. La descente est beaucoup plus aisée et je profite des rayons du soleil pour faire une pause et tenter de sécher mes affaires !
En arrivant au bord de la route, je dois faire du stop cinq kilomètres pour rejoindre Arthur’s Pass où un colis de provisions que j’avais envoyé depuis Wellington m’attend. J’y retrouve Natalie et Chaski qui me précédaient d’une journée depuis Hanmer Springs.
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