Pour cette journée que je considère étant la plus belle depuis le démarrage de mon trek, je posterai des photos au milieu des paragraphes pour replacer le plus fidèlement possible les différents décors au fur et à mesure du récit.

 

🗓️ Le 11 décembre 2025

🏁 Kilomètres : 1164

 

Je me trouve ce matin sur le côté Nord-Ouest du parc national de Tongariro, parc constitué de plusieurs volcans encore actifs. Une marche de 7 kilomètres le long d’une route m’amènera sur la partie Nord du parc au départ de la plus célèbre randonnée de Nouvelle-Zélande : le Tongariro Crossing, long de 18km et emprunté chaque année par 150.000 visiteurs. Pour notre trail de Te Araroa, nous avons le choix entre de nombreuses options : la courte de 18km, deux intermédiaires de 42 km ou 53 km, ou la longue de 79 km qui fait le tour des deux volcans en un trois-quarts de boucle en entrant par le Nord et en sortant du côté Ouest. Je choisi la version la plus allongée en sachant que j’ai 4 jours pour l’arpenter en prenant mon temps.



en rouge le parcours que je suivrai et en jaune les huttes des nuitées 

En rouge le parcours que je suivrais et en jaune les huttes des nuitées

Je pars à 5h45, mets rapidement derrière moi les 7 kilomètres de route et m’engage sur le sentier qui commence sur le flanc bas du parc dans une forêt. Il sort ensuite des bois et serpente sur la face Nord du massif en passant entre les volcans Tongariro sur la droite et Te Maari sur la gauche, ce dernier étant entré en éruption pour la dernière fois en 2012. Je peux observer un cratère d’environ 5 mètres de large provoqué par un rocher éjecté durant l’éruption à 700km/h depuis environ 2 km de distance ! Cela me remet en mémoire que tout le massif volcanique est encore actif et que d’autres éruptions peuvent surgir à tout moment. Je peux d’ailleurs apercevoir des fumerolles sur les flancs des volcans, ainsi que des odeurs de souffre caractéristiques des activités volcaniques. Au fur et à mesure de la montée, la vue se dégage sur tous les environs, avec l’herbe jaunie, le ciel bleu et les nuages blancs. C’est magnifique !

 

 

 


Après 4h de marche et 1000 mètres de dénivelé, j’atteins la barre des 1700 mètres d’altitude où la surface devient plus plane sur cette sorte de plateau entouré de quelques cônes volcaniques. Les décors sont arides et déchirés, un peu lunaires, nus et pourtant si beaux ! Je commence à croiser beaucoup de marcheurs qui font la populaire traversée des 18km de l’autre sens que moi, du Sud au Nord. Il semble que la plupart n’ont pas vraiment l’habitude de randonner et j’ai parfois l’impression d’assister à un festival de mode tant les accoutrements sont extravagants.

Un peu plus loin je passe à proximité du lac bleu formé par un ancien cratère.



 

 


Le terrain redescend ensuite légèrement et atteint un croisement : à gauche, le détour des deux volcans que je vais prendre et à droite, la version courte depuis laquelle une masse innombrable de gens est en train d’affluer. Je dépose mon sac pour faire un court aller-retour afin de remonter à contre-courant l’autoroute de touristes et bénéficier d’un joli point de vue. L’ascension, bien que sur une pente de petites pierres ponce meuble, me semble facile une fois débarrassé de mon lourd sac à dos. La vue à 360 degrés depuis le sommet du cratère rouge est splendide, surplombant trois petits lacs émeraude, un cratère de couleur ocre à moitié déchiré et surtout, j’ai en face de moi le fameux volcan Ngauruhoe qui domine tous les environs et dont la dernière éruption remonte à 1975. Je m’assois et contemple cet immense amas de pierres de lave figées dans une forme conique parfaite. Pour le fan du Seigneur des Anneaux que je suis, l’instant est magique, je m’imagine Frodon et Sam escaladant ses parois pour y jeter l’anneau.



 




Je retourne au point où j’ai déposé mon sac à dos pour manger mon déjeuner et continue ma progression en prenant au croisement vers l’Est. J’entame une descente où le contraste est saisissant : je passe d’une myriade de marcheurs à pas âme qui vive ! Le terrain est très glissant, je prends mon temps pour ne pas me tordre une cheville ; d’ailleurs hier sur cette section, une randonneuse que j’avais croisé une dizaine de jours auparavant s’y est fait une double fracture et a dû être évacuée par hélicoptère ! Cette portion est certes délicate à manœuvrer mais est d’une beauté surprenante, constituée de coulées de lave noire dramatiques, et au-delà d’un amas rocailleux désolé. J’essaye de m’imaginer la puissance des éruptions qui ont créée ces paysages gigantesques brûlés, fracassés, donnant une impression à la fois majestueuse et d’apocalypse.

 

 

 

 

 


Au bas de la pente, le chemin forme un angle droit vers le Sud. D’ici, les végétaux constitués d’herbes jaunies et de quelques arbustes bas réapparaissent en une sorte de plaine désertique. Sur ma droite j’ai le mont Ngauruhoe et en ligne de mire le géant Reapehu, volcan haut de 2797 mètres dont les cimes sont encore enneigées. C’est absolument superbe ! Depuis le départ du trail une cinquantaine de jours auparavant, c’est la première fois qu’une telle variété de paysages spectaculaires s’enchaînent dans une seule et même journée ! Je suis ravi de savoir que j’ai 4 jours pour en faire le tour et profiter de toutes ces merveilles.



 

 



 

 

Je termine ma journée en traversant une forêt et arrive à la hutte du soir située à 1100 mètres d’altitude. Comme pour la précédente au mont Pirongia quelques 300 km plus tôt, elle est très grande et confortable (pour des randonneurs !). Une rivière qui coule au bas du bâtiment me permet de prendre mon bain dans une eau très fraîche, mais quel délice après avoir tant transpiré et franchi 1500 mètres de dénivelé dans la journée ! La vue depuis la salle commune donne sur les deux volcans et invite à la détente : prenant les signes qui s’offrent, je décide que demain sera une journée de repos ici même pour profiter des lieux !

 

Un endroit pareil, c’est pas tous les jours !

 

 

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