🗓️ Le 26 décembre 2025
🏁 Kilomètres : 1505
Nous nous réveillons à 4h ce matin-là avec Matteo, le plus jeune membre de la bande, un français qui n’a que 22 ans. Nous prenons un rapide petit déjeuner et rassemblons nos affaires en essayant de ne pas faire de bruit pour ne pas réveiller les autres qui dorment dans les pièces adjacentes. Nous réussissons à démarrer pour 5h, après avoir passé une demi-heure à chercher les lunettes de Matteo (qui, je dois préciser au passage, est spécialiste pour constamment égarer ses affaires).
Nous avons pour objectif de marcher 27km le long de routes pour atteindre une plage et d’y avancer sur 5 kilomètres afin de rejoindre l’embouchure d’une rivière que nous devons franchir dans un certain créneau horaire avant que la marée ne soit trop haute. Nous y arrivons pour midi, ce qui était plus ou moins notre objectif. Nous avons de l’eau un peu en dessous des hanches mais la traversée est tout à fait réalisable.
Nous prenons ensuite notre première vraie pause de la journée et continuons avec en ligne de mire pour l’après midi de terminer la section de plage et rejoindre le kilomètre 50, ce qui serait pour chacun de nous la plus grosse distance parcourue en un jour depuis le départ du trek.
La plage que nous parcourons, longue au total de 19 kilomètres, est faite de sable noir volcanique et est jonchée de centaines de troncs d’arbres en bois flotté blanc ; de nombreuses pierres ponces noires et blanches ainsi que des galets noirs sont parsemés le long du rivage ; les vagues projettent de l’écume blanche qui tranche sur le fond noir du sable ; la météo qui tourne à la pluie transforme le ciel en différents tons de gris. C’est donc une scène en noir et blanc que nous avons devant nous, un décor dépourvu de couleurs qui pour autant est fascinant. Seules quelques touffes d’herbes vertes ou jaunies sur les dunes noires en arrière-plan tentent timidement d’agrémenter ce paysage achromatique. La pluie se lève, en fine bruine au départ puis plus soutenue au fur et à mesure de notre avancée et les vagues s’écrasent avec force sur le littoral. C’est un peu comme si nous avions un cliché d’époque en noir et blanc figé dans le temps et que nous pénétrions dans la photo qui s’animerait pour nous retrouver dans une tempête vivifiante. Magique !
Lorsque nous atteignons la fin de la plage, une idée germe dans le cerveau de Mattéo et il me propose le défi de rejoindre la ville de Bulls, située à 19 kilomètres de là, ce qui signifierait parcourir 65 kilomètres au total dans la journée. Je le prends pour un fou, je ne m’en sens pas vraiment capable, même si je suis encore en forme aujourd’hui. Alors je lui propose qu’on avance et qu’on voie au fur à mesure, si nous n’y parvenons pas, nous pourrions toujours faire du stop et revenir au même point le lendemain pour terminer cette section. Nous marchons en nous motivant mutuellement, son enthousiasme agissant comme un moteur pour me faire avancer. Et pourtant il pleut comme vache qui pisse, nous sommes trempés, nous commençons avec avoir un peu froid, nous avons une cinquantaine de kilomètres dans les jambes mais nous continuons à marcher le long de la route.
Nous comptons chaque kilomètre, nous sentons que nous nous rapprochons du but et que nous allons être capable de réaliser cette idée un peu loufoque. Nous franchissons le cap des 1500 kilomètres depuis le départ du trek, ce que nous célébrons en buvant une mignonnette de Cointreau. Et voici qu’après 65 kilomètres, nous atteignons la ville de Bulls, nous avons réussi notre défi ! Nos amis déjà présents sur place car partis un jour plus tôt nous attendent en faisant une haie d’honneur à notre arrivée. Je suis hilare de leur idée et franchement touché par leur spontanéité !
Il est inutile de préciser que le moment de retirer nos chaussures et de pouvoir nous asseoir est plus que bienvenu, même si nos pieds ont la pâleur d’un mort et que nous sommes fourbus et courbaturés.
Nous l’avons fait !
🗓️ Le 27 décembre 2025
🏁 Kilomètres : 1545
Je me réveille endolori, mais tout de même suffisamment reposé pour continuer à marcher aujourd’hui. Une quarantaine de kilomètres nous attendent pour rejoindre la ville de Palmerston North. Le parcours n’est pas très intéressant, suivant uniquement des routes ou pistes cyclables sur toute la longueur. Bonne nouvelle, cela sera la dernière section majeure le long de routes pour le reste du trek.
J’achève les 40 kilomètres assez tardivement, encore fatigué des 65 kilomètres de la veille. J’aurai marché au total 105 kilomètres en deux jours.
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