🗓️ Le 09 janvier 2026

🏁 Kilomètres : 1786

 

Nous prenons aujourd’hui le ferry depuis Wellington pour nous rendre à Picton qui se situe dans l’île du Sud et ainsi franchir le détroit de Cook. Une fois arrivés sur place, nous avons une heure de battement avant de prendre une navette par bateau qui nous conduira jusqu’au point de départ du sentier de la Reine Charlotte, situé à l’entrée de la baie portant le même nom. Réputé pour sa beauté, ce parcours de quatre jours serpente a travers une forêt située au coeur de vallées fluviales.

 

Lorsque le bateau nous dépose sur le ponton au départ du sentier, nous sentons que nous sommes dans un lieu vraiment isolé, et en regardant sur une carte nous pouvons effectivement bien nous rendre compte de notre situation géographique ; nous sommes situés quasiment au point le plus septentrional de l’île du Sud, à l’extrémité de la chaîne de montagne qui s’étend du nord au sud du pays et qui plonge dans l’océan à cet endroit. Petit détail intéressant, cette chaîne de montagne porte le nom d’Alpes de Nouvelle-Zélande.

 

Nous commençons à arpenter le sentier qui se révèle être très facile à parcourir, large et grimpant d’un faible dénivelé. La première sensation est de se retrouver dans le sud de la France, avec des pins et les insectes qui rappellent le bruit des grillons, le ciel bleu et la mer turquoise. Nous décidons de ne faire que cinq kilomètres et de s’arrêter au premier camp afin de profiter au maximum de cette ambiance estivale qui nous change fortement des précédentes montagnes boueuses que nous avions franchi la semaine passée.

 

En arrivant au camp, nous découvrons une petite pente herbeuse qui se termine devant une plage de galets, un petit ruisseau courant sur le côté. Cette petite crique charmante est bordée de pins et la mer bleue invite à la détente. Nous installons nos tentes et prenons un bain dans une eau bien fraîche ! La soirée se termine en jeux de cartes et dans une ambiance qui ramène à un sentiment d’adolescence.

 

Un vrai sentiment de vacances !

 

 

🗓️ Le 10 janvier 2026

🏁 Kilomètres : 1808

 

Nous n’avons que 22 kilomètres à parcourir aujourd’hui, alors nous savons que nous pouvons prendre notre temps. Nous nous réveillons plus tard qu’à l’accoutumée, prenons un petit déjeuner tranquille et commençons notre randonnée. Le sentier serpente le long de criques successives et gagne parfois en élévation. Les vues sont superbes, le vert de la végétation pris en étau entre les bleus de la mer et du ciel.

 

Nous passons à côté de certaines habitations qui nous indique finalement que nous ne sommes pas si seuls sur ce bout de terre, même si elles sont relativement éparses et dont le seul accès se fait en bateau.

 

J’arrive au camp du soir relativement tôt, plusieurs choix s’offrant à moi pour planter ma tente : un peu reculé à côté d’un abris, protégé par la forêt ou directement en bord de mer. Je choisi la dernière option, un peu plus exposée aux vents mais bien plus charmante ! Et quelle surprise de constater que dans l’eau, des dizaines de raies se meuvent dans une quarantaine de centimètres de profondeur. Elles sont fascinantes à observer, les plus grandes ayant parfois même les ailerons hors de l’eau lorsqu’elles nagent. Nous découvrons que nous sommes situés à 100 mètres d’une sorte d’hôtel de bungalows ; attirés comme le seraient des insectes par la lumière, nous décidons d’aller y faire un tour, avec comme objectif d’y boire un verre … avec nos habits de campeurs, nous dénotons dans l’atmosphère chatoyante de l’hôtel … santé !

 

Je vais me coucher, mais je suis réveillé à 22h30 par Jolly qui m’indique la présence de phytoplancton bioluminescent dans la baie, phénomène que je n’avais encore jamais observé. Lorsque nous trempons nos pieds dans l’eau, ou lorsque nous jetons une pierre, ou bien encore simplement avec les vagues, le phytoplancton émet une faible lumière qui ressemble à de petites étoiles dans le noir de la nuit. Nous nous exclamons à chaque fois que nous jetons une pierre dans l’eau et observons les lumières qui réagissent avec les ronds d’eau et les éclaboussures, créant comme de petits feu d’artifice sur la surface.

 

Comme si cela n’était pas déjà suffisant, nous pouvons aussi observer dans la forêt de petits points verts et bleus, créés par de nombreux vers luisants, les mêmes que nous avions déjà pu observer dans les grottes de Waitomo une quarantaine de jours auparavant. Cette nature isolée est magique et semble tout droit sortie d’un film (Avatar par exemple pour les connaisseurs).

 

C’est avec de petites lumières dans les yeux que je vais me coucher. Je rêve d’ailleurs pendant la nuit de feux d’artifices. Étrange !

 

 

🗓️ Le 11 janvier 2026

🏁 Kilomètres : 1831

 

Le vent a soufflé toute la nuit fortement mais j’ai tout de même très bien dormi à l’instar de mes compagnons. Pour cette journée, nous avons 23 kilomètres à parcourir sur le même sentier que la veille, cette fois-ci en quittant la côte et en suivant les crêtes. Les sommets environnants qui sortent des eaux se tiennent ça et là devant nous, dans un labyrinthe de presqu’îles, d’îlots et de passage maritime. Ces décors ont été créés par les plaques tectoniques australienne et pacifique qui se chevauchent tout le long de la Nouvelle-Zélande, créant de nombreux tremblements de terre, de volcans et de spécificités géologiques, et pour ce lieu géographique en particulier font glisser les montagnes dans l’océan.

 

Malgré cet écheveau d’îles, notre route est simple à suivre, longeant crête après crête en quasi ligne droite, un morceau de l’océan se tenant sur chaque côté. La forêt est relativement touffue mais nous avons souvent droit à de magnifiques vues.

 

En arrivant au camp du soir, le vent qui a soufflé presque toute la journée continue sans faiblir en intensité et devrait même s’intensifier durant la nuit, avec des rafales atteignant les 90km/h.

 

Il ne reste plus qu’à croiser les doigts afin de passer une bonne nuit.

 

 

🗓️ Le 12 janvier 2026

🏁 Kilomètres : 1848

 

… Et la nuit ne fut pas de tout repos. Vers 2h du matin, je me réveille dans une véritable tempête, les bourrasques font gronder les arbres et la pluie tombe drue. Je vois des lampes s’agiter tout autour et m’enquiert de mes camarades : Yvan a de l’eau qui pénètre dans sa tente et Natalie a la sienne qui s’est carrément  écroulée. Au moment où je sors l’aider, elle perfore sa tente, rendant tout montage dorénavant impossible … elle dormira dans le petit abris semi ouvert qui sert de cuisine primitive avec Yvan.

 

Au matin, nous prenons le petit déjeuner dans l’hilarité générale, se repassant en boucle les évènements de la veille. La force de Natalie, c’est que même dans ces moments de galère, elle en rigole volontiers, et ce d’ailleurs dès la nuit précédente, lorsque je l’aidais à ramasser ses affaires, le sac de couchage trempé, le matelas trempé, Natalie sans culotte dans le froid sous la pluie à essayer de remonter sa tente … et qui pourtant se riait d’elle même et de ses déboires !

 

Nous profitons de notre matinée pour faire sécher nos affaires et ne démarrons la randonnée qu’à 11h, n’ayant que 17 kilomètres à parcourir aujourd’hui. Nous pouvons même nous permettre une longue pause déjeuner avec baignade et sieste.

 

Le camp du soir est charmant, une séance d’étirements / yoga est improvisée par Yvan avant de diner et de faire quelques jeux de cartes.

 

Depuis le départ de Te Araroa, jamais je n’aurais autant eu cette sensation de vacances. Un lâcher prise complet !

 

 

🗓️ Le 13 janvier 2026

🏁 Kilomètres : 1870

 

Derniers kilomètres à marcher sur le sentier de la reine Charlotte, suivis d’une marche le long d’une route pour rejoindre la petite ville de Havelock dans la matinée. L’après midi est consacré aux provisions à organiser pour les 4 prochains jours de randonnée et faire une lessive. Nous terminons la soirée au restaurant et à faire, bien évidement, quelques jeux !

 

 

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