🗓️ Le 28 décembre 2025

🏁 Kilomètres : 1570

 

Je me lève tôt pour me rendre au supermarché afin de faire des provisions pour les sept ou huit prochaines journées. Nous allons traverser le massif des Tararuas, célèbre pour sa météo qui peut être changeante rapidement et est très souvent balayé par de forts vents. Selon les notes officielles, les trois premières journées devraient être relativement aisées, les quatre ou cinq suivantes seront selon le bon vouloir de Dame Nature.

 

Ce matin le ciel est bleu et la température agréable, un air estival s’installe. Le parcours sort de la ville, passe le long de quelques routes puis prend un chemin forestier. J’ai une sorte de migraine aujourd’hui, une douleur sur le bas des côtes du côté droit que je traîne depuis 3 jours et mes pieds sont encore douloureux des deux dernières journées de marche … je ne suis donc pas au top de ma forme, et il semble que mes camarades que je croise le long du chemin avancent également à demi-régime aujourd’hui. Nous décidons donc d’écourter la journée et nous arrêtons 8 kilomètres plus tôt que prévu.

 

 

🗓️ Le 29 décembre 2025

🏁 Kilomètres : 1593

 

Le vent s’est levé pendant la nuit et continue de souffler au petit matin, nous pouvons entendre les bourrasques fouetter les arbres au-dessus de nous ; en revanche nous sommes plutôt épargnés car le camp se trouve dans une sorte de cuvette abritée des caprices de la météo. Le vent baisse ensuite en intensité quand nous commençons à marcher et le ciel bleu nous accompagne durant la matinée.

 

Nous avons la possibilité d’avoir un peu de réseau pour vérifier les bulletins météo, qui annoncent une alerte orange pour forts vents jusqu’à 120km/h dans la région à partir de 15h et ce jusqu’au petit matin. Et en effet, en approchant du milieu de l’après-midi, le ciel se couvre, la pluie se met à tomber et le vent recommence à souffler fortement. En arrivant au camp, constitué d’une petite hutte et d’un espace pour camper, nous constatons que toutes les couchettes sont déjà prises et que nous allons devoir planter nos tentes. Heureusement, il semble qu’une fois encore nous sommes dans un espace plutôt abrité, une sorte de petit vallon qui n’est pas exposé directement aux vents, même si je peux entendre les arbres au sommet de la pente être secoués violemment, résonnant tel le fracas d’une énorme cascade et du grondement sourd de l’eau s’écrasant sur les rochers.

 

 

🗓️ Le 30 décembre 2025

🏁 Kilomètres : 1611

 

Le vent a continué à souffler toute la nuit avec une force intimidante. J’ai plusieurs fois entendu des craquements dans la forêt environnante mais pas directement à proximité du camp et j’ai finalement passé une relativement bonne nuit. Au petit matin, les fortes bourrasques continuent sans baisser en intensité.

 

Juste avant que je ne quitte les lieux, j’observe médusé deux sapins s’abattre sous la force du vent à une cinquantaine de mètres. J’en vois un troisième tomber cinq minutes plus tard. Je sais qu’on ne devrait pas être là, que les éléments se déchaînent trop intensément pour qu’on randonne dans la forêt. Heureusement, le chemin évite les grands arbres et nous nous retrouvons rapidement dans une forêt faite d’arbustes et d’arbres courts très compacts qui, en plus de ne pas s’affaisser, nous offrent une protection. Nous devons tout de même prendre garde à ne pas se prendre une branche sur la tête. Le sol est tellement jonché de feuilles fraîches que le sentier est parfois difficile à suivre. Un grondement permanent nous accompagne, les rugissements de dame Nature !

 

Nos chaussures s’enfoncent parfois jusqu’à mi-mollet dans une boue liquide rappelant la couleur et la texture du chocolat fondu, j’y fais à un moment une chute les deux mains en avant ! J’essaye d’éviter les pires passages en faisant de petits détours mais mes compagnons ne se posent pas de questions et passent droit à travers, nos chaussures sont de toute manière gorgées d’eau et de boue. Alors foutu pour foutu !

 

Après quelques heures, le vent baisse, le soleil apparaît et nous pouvons finir la marche sous une météo agréable … nous arrivons tôt au campement et avons à peine le temps de monter nos tentes que la pluie refait son apparition.

 

Je me demande si depuis le début nous avons eu droit à plus de deux jours de beau temps d’affilée… mais je savais ce pour quoi j’ai signé, la Nouvelle-Zélande tient bien sa réputation !

 

 

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