🗓️ Le 10 février 2026

🏁 Kilomètres : 2361

 

Officieusement à l’origine, le trail devrait nous faire traverser la rivière Rakaia qui est dangereuse par son fort débit et ses crues éclairs, plusieurs personnes y ont trouvé la mort. Officiellement donc, le franchissement des grosses rivières ne fait plus partie du parcours officiel et des navettes peuvent être organisée pour contourner les cours d’eau majeurs, navette que nous empruntons ce matin avec Natalie et Yvan. Le pont qui permet de passer au dessus de la rivière se situe 30 kilomètres plus bas, c’est donc 60 kilomètres de contournement à effectuer. Dans trois jours nous devrons répéter l’opération avec un second cours d’eau majeur, cette fois ci avec un détour de 130 kilomètres.

 

Le fleuve Rakaia s’étale la plupart du temps en plusieurs petits bras au sein d’un lit de rivière rocailleux très vaste, pouvant parfois atteindre plusieurs kilomètres de large. Lorsqu’il n’est pas en crue, il a un débit moyen de 200 mètres cubes, paraissant faible mis en comparaison au Rhône qui est de 1700 mètres cubes. Mais lors de forts épisodes pluvieux, son débit peut se multiplier par 15, devenant un monstrueux flot tumultueux. Long de 150 kilomètres, seuls deux ponts permettent de le franchir, un court auprès de gorges et un second plus bas long de deux kilomètres, le plus long de Nouvelle-Zélande.

 

Après avoir fait le contournement, la navette nous dépose vers midi et nous marchons 21 kilomètres dans l’après midi. Les seize premiers kilomètres sont facile à parcourir, le sentier grimpe au départ en douceur et progresse ensuite sur une sorte de plateau entouré de superbes sommets dénués d’arbres, recouverts uniquement d’herbes jaunies et de rocaille. Le vent fait danser les herbes qui se meuvent en vagues en prenant des tons dorés. En revanche les cinq derniers se font dans le lit d’une rivière, ce qui est amusant mais très technique et éreintant.

 

Tout le long de la journée, la météo a été magnifique et le soleil continue de briller lorsque nous installons notre campement vers 19h sur une petite plate-forme en V qui se trouve là où deux petites rivières se rejoignent. Je prends un bain dans une eau glacée et me sèche au soleil sur une grande pierre plate. Nous prenons notre dîner avec d’autres randonneurs qui nous ont rejoins. Des nuages commencent à s’accumuler et la pluie se met à tomber en douceur juste quand je décide d’aller me coucher.

 

Camper dans un endroit aussi canon ! Comme dirait mon père, que demande le peuple !

 

 

🗓️ Le 11 février 2026

🏁 Kilomètres : 2397

 

Nous avons tous des symptômes d’avoir les pieds mouillés tous les jours et aujourd’hui ne sera pas différent. Dès les premières minutes, nous devons franchir plusieurs fois une même rivière avant que le sentier ne nous mène sur les hauteurs pour passer un col, avec encore une fois des paysages époustouflants tout autour de nous. Même si nous ne sommes qu’à 1500 mètres d’altitude, les sommets ressemblent à ceux de haute montagne, comme ceux dans les Alpes au dessus de 3000 mètres. Nous passons à travers de long pierriers, et descendons ensuite en suivant une trace dans les hautes herbes qui sont traîtres par les trous qu’elles dissimulent, je me fais avoir quelques fois en faisant des chutes grotesques ou en ayant de la boue jusqu’aux genoux.

 

Le tracé devient ensuite un peu plus plane et nous terminons la journée à travers des champs d’herbes grasses jaunies, entourés de collines elles aussi couvertes d’herbes et de quelques sommets rocailleux.

 

Je campe seul ce soir, mes compagnons de marche s’étant arrêté quelques kilomètres avant moi. Mais tant mieux, je me sens très fatigué alors je me prépare mon dîner et vais me coucher tôt !

 

 

🗓️ Le 12 février 2026

🏁 Kilomètres : 2409

 

Je me lève ce matin dans un froid de canard, je prends mon petit déjeuner emmitouflée dans mon sac de couchage. Lorsque je sors de la tente, j’ai droit à un superbe lever de soleil, seul dans cette grande étendue d’herbe. Lorsque je commence à marcher, je suis frappé par le silence qui règne, alors je m’arrête, je retiens même ma respiration pour me concentrer sur chaque son, mais c’est le silence complet ! Pas un bruit, ni du vent, ni de l’eau qui coule, ni oiseau, ni insecte, pas de route, d’avion ou de machine … c’est rare de se retrouver dans un silence qui bourdonne presque aux oreilles ! Fascinant !

 

En approchant de la fin de la section, je me retrouve au sommet d’une colline que je dois descendre : devant moi s’étend tout un vallon qui a été utilisé dans le film le Seigneur des Anneaux pour illustrer le Rohan, avec la petite colline sur laquelle se tenait le château d’Édoras, la rivière Rangitata qui se divise en multiples bras et les hauts sommets recouverts de neige en arrière plan. Les fans de la saga comprendront le bonheur de contempler cette vue !

 

En arrivant près de la route de graviers qui permet aux touristes d’accéder au site, je commence à faire du stop mais il n’est que 10h30 du matin et les voitures sont rares. Je dois presque attendre trois heures avant d’arriver à être pris par un véhicule, avec la chance qu’il se rende directement à ma destination, la ville de Géraldine où je passerais la nuit et ferais quelques provisions pour les prochains jours.

 

 

Photos du 10 février 2026

Photos du 11 février 2026

Photos du 12 février 2026

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