🗓️ Le 30 novembre 2025

🏁 Kilomètres : 891

 

Ce dimanche matin commence avec une très belle météo. Je me mets en route dès 7h et j’ai le choix, soit de parcourir uniquement 16km jusqu’à une sorte de hangar qui peut servir de camp, soit 35km jusqu’à un village nommé Waitomo. Sur les 10 premiers kilomètres, un chemin de graviers permet d’avancer rapidement, suivi ensuite par un sentier relativement bien entretenu. J’arrive déjà au hangar à 10h45, c’est donc tout logiquement que je décide de continuer jusqu’au village de Waitomo.

 

Au fur et à mesure de la journée, le beau ciel bleu du matin laisse place à un plafond nuageux, qui lui même laisse place à d’épais nuages gris qui semblent chargés de pluie. Elle tombe au départ légère, puis plus drue, pour enfin se transformer en un véritable torrent. Comme pour accumuler les difficultés, le sentier aisé du matin se métamorphose en un layon boueux et glissant. La pluie me trempe sur le dessus, les végétaux autour du sentier m’aspergent sur les côtés. Le parcours passe à travers d’épais massifs de manuka si resserrés qu’il en devient difficile de trouver le chemin. Il grimpe sur de longues pentes boueuses, traverse de nombreuses forêts et coupe à travers un cours d’eau.

 

Sur les 5 derniers kilomètres, je rejoins un chemin de graviers. Il semble que la pluie ait attendu que je sois à découvert de la forêt pour forcir et tomber comme si je me rendais tout habillé sous la douche. Je précipite mes pas pour arriver le plus tôt possible au camping du soir.

 

En arrivant à l’accueil, la réceptionniste doit être passablement amusée de mon air de chien mouillé misérable. Je prends une cabine, étale mes affaires pour tenter de les faire sécher, fonce à la douche et retourne à la réception pour acheter un paquet de chips et trois pots de glaces que j’avale immédiatement.

C’est con mais c’est bon !

 

 

 

🗓️ Le 1er décembre 2025 (Jour de repos)

 

Waitomo, le village dans lequel je vais prendre mon jour de repos, est internationalement connu pour ses grottes dont les plafonds sont recouverts de vers luisants. Nous les visiterons demain avec 3 autres marcheurs qui sont à un jour de marche derrière moi, d’où le choix de prendre un jour zéro. Une autre raison est que j’ai oublié mes lunettes de soleil au précédent camp, je décide de faire du stop pour aller les récupérer. Cinq différents conducteurs me permettent de rejoindre ma destination, dont un jeune pilote maori un peu trop excité au volant et un couple de retraités américains qui ont décidé de demander la nationalité néo-zélandaise depuis que Trump a été élu président. Le retour se fait avec beaucoup plus de facilité, un seul conducteur se rendant justement à Waitomo me ramène à mon point de départ.

 

Mes amis qui étaient un jour derrière moi arrivent au camping et je leur partage ma cabine. Le soir nous nous rendons au pub du coin pour une tournée de cidres et de bières avant d’aller nous coucher.

 

 

 

 

🗓️ Le 02 décembre 2025

🏁 Kilomètres : 906

 

8h du matin, nous sommes 4 avec Hélène d’Australie, Jolly des États-Unis et Ben d’Allemagne à nous réunir devant les locaux de la compagnie qui organise les excursions dans les grottes de Waitomo. Plusieurs options sont disponibles : le parcours classique le plus touristique qui ne dure que 45 minutes ou un périple de spéléologie de 3h. Nous choisissons la seconde alternative et nous voici équipés d’une combinaison intégrale en néoprène incluant bottes et casque avec éclairage. Nous recevons également des bouées qui nous serviront à flotter sur la rivière souterraine. Ayant pris le premier créneau de la journée, nous serons seuls à explorer les grottes avec nos 3 guides d’une vingtaine d’années.

 

Les éclats de rires fusent durant le briefing, mais le sérieux revient lorsque nous pénétrons dans la petite ouverture naturelle dans laquelle un ruisseau s’enfonce sous terre. Les premiers pas dans le noir sont impressionnants, la faible lueur émanant de nos casques ne semble pas éclairer grand chose pour nos yeux non habitués à l’obscurité. Nous suivons nos guides dans un boyau naturel de forme ronde, rappelant un peu la forme d’un conduit d’égout parisien, en ayant de l’eau jusqu’au niveau des chevilles. Nous passons quelques courbes et entendons se rapprocher l’inquiétant grondement d’une cascade crée par un autre ruisseau qui, s’infiltrant à travers les roches calcaires, vient gonfler le niveau de la rivière principale. Étant un petit groupe, les guides ont le temps de nous faire découvrir de petits recoins supplémentaires, comme par exemple se contorsionner à travers les anfractuosités de roches pour passer sous la cascade glacée ou encore prendre un conduit adjacent qui forme une sorte de boucle dans lequel nous devons ramper pour en ressortir … sensations garanties ! Claustrophobes s’abstenir !

 

Nous prenons une petite pause, nos guides nous distribuent des guimauves en formes de poissons (il semble qu’en Nouvelle-Zélande les guimauves ne soient pas en forme d’oursons, quelle étrangeté !). Ils nous demandent d’éteindre les lampes de nos casques, nous sommes dorénavant dans le noir complet … ou ce que nous pensons être le noir complet. Car en levant nos yeux, nous découvrons un spectacle magique ! Une multitude de vers luisants brillent sur la voûte arrondie de la cavité, formant de petits groupes irréguliers en tailles et en figures et qui apparaissent telles de petites constellations au milieu d’une majestueuse voie lactée. Le caractère angoissant de se trouver sous terre se métamorphose instantanément en un étincelant émerveillement.

 

Nous restons un moment en silence à admirer ce spectacle étonnant, suivi par l’explication d’un des guides sur ce phénomène. Le vers luisant de Waitomo est une espèce de moucheron, ressemblant davantage à un asticot, qui émet une bioluminescence destinée à attirer sa proie lorsqu’il est au stade de larve et à conquérir un partenaire lors de sa transformation en insecte adulte. Les larves se nourrissent en produisant chacune plusieurs petits fils recouverts de liquide gluant qui emprisonnent leur proies, ou simplement en dévorant leurs congénères.

La nature possède d’inépuisables ressources et n’en finira pas de nous étonner !

 

Nous continuons notre avancée dans les grottes en jouant des pieds et des mains. A deux reprises, nous devons sauter dans l’eau de dos en tenant nos bouées au niveau des fessiers depuis de petites cascades, le tout dans le noir. Nous devons aussi nous allonger sur nos bouées, le ventre faisant face au plafond très bas, et nous faire avancer en utilisant nos mains. Au fur et à mesure le niveau de l’eau augmente, si bien que nous pouvons nous laisser dériver allongés sur nos bouées à admirer le plafond étoilé, dans une sorte de paresseuse béatitude.

 

Et voici que pointe la lumière du jour, le bout du tunnel apparaissant derrière quelques stalactites. Nous sortons de la cavité avec le sentiment d’avoir vécu une expérience extraordinaire ! Nous prenons encore quelques photos, échangeons nos combinaisons contre nos habits de randonnée et avons le droit à une douche chaude et à une soupe.

 

L’après midi, nous repartons pour encore 15 kilomètres de marche jusqu’à la ville de Te Kuiti. Nous traversons plusieurs vallons de manière perpendiculaire, de sorte que nous devons continuellement monter, passer une crête, redescendre, marcher au creux du vallon et remonter de l’autre côté … le sentier est très boueux, il nous faut 6h pour venir à bout de la quinzaine de kilomètres. Nous passons la nuit à quatre dans un motel, sorte d’hôtel bon marché. C’était une longue, mais très belle journée !

 

 

Photos du 30 novembre 2025

Photos du 01er décembre 2025 

Photos du 02 décembre 2025 

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