🗓️ Le 22 février 2026
🏁 Kilomètres : 2682
Ce matin c’est atelier croque-monsieur au camping, j’en prépare une flopée pour mes camarades. Ici les petits déjeuner sont généralement salés : oeufs en omelettes, brouillés ou pochés, tourtes, croques monsieur (qu’ils appellent toasties), scones au fromage, röstis, saucisses, bacon, tranche de pain avec avocat ou sauce aux champignons, …
Je démarre à marcher vers 9h30, j’ai environ 25 kilomètres à faire pour atteindre la ville de Wanaka. C’est dimanche matin alors le chemin de graviers qui relie les deux villes est très usité par les marcheurs et cyclistes. Assez plat, il est plutôt “facile” et bien qu’il longe le lac de Wanaka avec de jolies vues, je le trouve plutôt ennuyeux et ai hâte d’arrêter de marcher aujourd’hui.
Je termine vers 14h30, prends mon déjeuner dans un café et fais des provisions pour les trois prochaines journées de marche. Nous terminons la soirée avec Natalie à manger dans nos tentes respectives que nous avons plantés côte a côte, à converser comme deux voisins dans leurs maisons.
🗓️ Le 23 février 2026
🏁 Kilomètres : 2706
Le chemin continue de longer le lac Wanaka sur les quinze premiers kilomètres, avant de bifurquer sur la gauche et grimper en douceur sur les 9 kilomètres suivants. Je me sens plutôt à plat aujourd’hui, sur le trek il y a des jours où je peux faire 30-40 kilomètres sans broncher et parfois juste 20 semblent ne jamais finir. Je rattrape Natalie juste avant la première hutte et même s’il n’est que 15h nous décidons d’arrêter là pour la journée.
Nous passons la soirée à jouer aux cartes avec d’autres randonneurs et allons tôt au lit
🗓️ Le 24 février 2026
🏁 Kilomètres : 2723
La journée s’annonce corsée avec trois cols successifs à franchir avec à chaque fois 500 mètres de dénivelé raide à gravir puis à redescendre. Le premier col se fait relativement aisément, nous démarrons à peine la journée alors l’énergie est encore là. Une fois descendu et après 2h30 de marche, nous atteignons la première hutte dans laquelle nous prenons un en-cas.
La grimpée du second col est plus musclée, les jambes commençant à devenir lourdes et la chaleur se faisant sentir. On ne va pas se plaindre d’avoir chaud, c’est bien l’une des premières fois depuis que nous sommes dans l’île du sud. Le ciel est superbement bleu et les décors majestueux sont principalement composés de montagnes couvertes d’herbes jaunies. Au sommet du second col nous prenons notre pause déjeuner avec en dessert une petite sieste.
Je redescend de 500 mètres pour la deuxième fois de la journée et à peine le bas atteint, une nouvelle grimpée démarre immédiatement, cette troisième fois étant la plus difficile. Mes jambes semblent être de plomb et la déclivité est plus raide que jamais. Un glissement de terrain ayant fait disparaître une partie du sentier, une alternative pour rejoindre l’itinéraire initial plus haut nous fait couper directement à travers la pente dans l’herbe, impliquant des glissades et un gros effort. Lorsque le sommet du troisième col est atteint, je suis cuit !
La vue de la haut étant magnifique, je prends le temps d’admirer pour récupérer, sachant qu’il ne me reste qu’une descente pour rejoindre la hutte où passer la nuit. Cette dernière compte douze lits mais nous sommes plus d’une vingtaine de randonneurs ce soir, alors nous plantons notre tente et jouons aux cartes après dîner.
Mais pas trop tard ! Pas de permission de minuit, Cendrillon est éreintée ce soir !
🗓️ Le 25 février 2026
🏁 Kilomètres : 2751
Il fait froid ce matin, la hutte autour de laquelle nous avons planté nos tentes se situant dans une petite combe. Mais lorsque je commence à grimper le sommet qui surplombe les lieux, le froid s’évapore doucement et laisse place à une autre belle journée d’été. En atteignant le col, je passe dans une autre vallée qui s’ouvre devant moi, encore et toujours recouverte de cette typique herbe jaunie. Les ombres accentuent les reliefs qui semblent être baignés d’une lumière dorée.
Au bas de la vallée, je pénètre dans une rivière qui deviendra mon chemin pour les six kilomètres suivants, les berges étant parfois escarpées, parfois envahies de buissons épineux appelés Matagouri. L’eau est glacée et les pieds en sont rapidement engourdis. Mais la rivière est magique, l’eau d’une pureté cristalline s’écoule sur un lit de galets multicolores, tantôt bleutés, verts anis ou sauge, orangés ou dans différentes teintes de gris.
J’ai lu dans les notes que je passerais par l’ancien village de Macetown, connu pour avoir été le théâtre d’une ruée vers l’or dans la seconde moitié du XIXème siècle, comptant jusqu’à 500 âmes au plus fort de son activité. Mais le site isolé et les hivers étant très rudes, le village a été abandonné dans les années 1920.
Ces informations en tête, je laisse mon imagination travailler en marchant, essayant de recréer cette ambiance unique des chercheurs d’or 150 ans plus tôt. Je les vois travailler dans des mines ou tamiser les graviers de la rivière pour y trouver quelques pépites. Et à ce même instant, je tombe sur un homme d’une soixantaine d’années équipé d’un détecteur de métaux qui sonde le fond de la rivière. Je suis fasciné alors j’essaye de lui poser quelques questions, mais il se montre assez récalcitrant à me répondre … normal en soit, s’il trouve de l’or il ne le criera certainement pas sur tout les toits !
Après avoir terminé la section de rivière, je tourne à droite et remonte un ultime col, qui révèle après son sommet une autre vallée qui serpente jusqu’à la ville d’Arrowtown, accolée à Queenstown où nous prendrons un jour de repos chez notre ami Hal. Pour ceux qui se souviennent, nous avions descendu la rivière Puketi le 9ème jour de mon aventure avec Hal, il semble s’être écoulé une éternité depuis. Il nous reçoit avec sa femme Jane dans leur jolie maison qui date des années 1880 et qui possède un charme fou.
Nous passons une très agréable soirée, Hal faisant le maximum pour nous faire passer un moment “so French”, en nous invitant même à jouer à la pétanque … sur le gazon. On dira que c’est l’intention qui compte !
🗓️ Le 26 février 2026 (jour de repos)