🗓️ Le 06 décembre 2025
🏁 Kilomètres : 1000
Nous avons passé la nuit au camp Ngaherenga qui se situe au départ du Timber Trail, un sentier connu dans tout le pays qui se parcourt en deux jours en vélo tous terrains. Nous ne dérogeons pas à la tradition et louons des VTT, la compagnie qui gère les locations nous les apporte au départ du parcours et récupère nos sacs à dos, qui seront déposé au camping du soir. Nous avons aujourd’hui 40 kilomètres à pédaler. Le sentier s’enfonce dès les premiers mètres dans la forêt sur un terrain relativement plat en zigzagant sur 5 kilomètres. La piste est très bien entretenue et les premières sensations rappellent des souvenirs d’enfance, quand le vélo était notre unique moyen de transport.
Le chemin grimpe ensuite sur 8 kilomètres avec un dénivelé d’environ 500 mètres. Ce n’est pas énorme, mais je sens mes jambes être lourdes dès les premières montées. Fatigue des jours précédents ? Manque de pratique ? Différents muscles sollicités ? Peut être un peu de tout, je comprends en tout cas que la journée ne sera pas de tout repos … je devrai peut être user le terme adéquat : j’en chie ! Mais je me pousse, m’auto-motive et prends des pauses autant que nécessaire ! En arrivant au sommet, j’attends mes camarades pour le déjeuner.
Pour l’après midi, la grande majorité du parcours se fait en descente. Quel plaisir de se laisser filer, même si l’utilisation des freins est primordiale pour ne pas finir dans le décor. Quel bonheur de cheminer à travers la forêt, prendre de la vitesse, négocier les virages et éviter les trous et les cailloux. Nous traversons plusieurs ponts suspendus durant la journée, le premier que nous franchissons mesure 115 mètres de long ! Le vent qui souffle dans la vallée en dessous fait légèrement tanguer le pont, ce qui rajoute quelques sensations.
Sur les 10 derniers kilomètres, les montées et descentes s’enchaînent, même si globalement nous continuons à perdre de l’altitude. Greg et Ashley me dépassent avec une facilité déconcertante, forcément en chevauchant des vélos électriques c’est une plus facile. J’essaye de les suivre mais c’est peine perdue !
500 mètres avant d’arriver au camp, nous passons un cap symbolique : le 1000ème kilomètre ! J’avais fait 400km cet été sans les Vosges afin de m’entraîner pour Te Araroa, mais passer un numéro à 4 chiffres est une première ! Un tiers du parcours est déjà achevé et je me dis que quoi qu’il arrive désormais, l’honneur est sauf !
Nous arrivons au camp et installons nos tentes dans une belle grande clairière bordée de sapins et dont l’herbe drue rappelle celle des montagnes. Un ruisseau un peu plus bas permet de remplir nos gourdes et de se faire un brin de toilette. L’eau est glacée mais je m’y assois en entier. C’est bon pour plusieurs raisons ! 1 : c’est vivifiant. 2 : je pue !
Nous prenons notre repas dans l’herbe et allons nous coucher juste après le coloré coucher de soleil. C’était (encore) une belle journée !
🗓️ Le 07 décembre 2025
🏁 Kilomètres : 1042
Deuxième et dernière partie du Timber Trail. J’apprends grâce à des panneaux le long du chemin que cette moitié du parcours était précédemment une voie ferrée qui permettait de transporter des troncs d’arbres et des gens lorsque la forêt était intensément exploitée, il y a une centaine d’années. Pour les lecteurs des bandes dessinées “Lucky Luke”, le nom “Timber” rappellera peut être des souvenirs, s’agissant de l’avertissement que les bûcherons criaient juste avant qu’ils n’abattent un arbre.
Après 45 minutes à pédaler, j’arrive au niveau du pont suspendu le plus long du parcours, s’étendant sur 141 mètres de longueur et 53 mètres de hauteur. C’est un magnifique ouvrage et il n’est pas surprenant que le Timber Trail soit aussi populaire dans le pays. Sous l’action de l’ancien premier ministre il y a une vingtaine d’années, de nombreux itinéraires ont été aménagés pour promouvoir un tourisme vert sur l’île. Ouvert depuis 2013, environ 20000 personnes l’empruntent chaque année.
Le chemin enchaîne quelques dénivelés (je souffle comme un bœuf dans les montées) mais globalement continue graduellement de perdre de l’altitude. Les 15 derniers kilomètres ne sont quasiment qu’une même et longue descente de pur bonheur à laisser la gravité faire son œuvre. Mon vélo file sans que je n’ai à pédaler, les sensations sont divines ! Si c’était à refaire, je repartirais dès le lendemain !
J’arrive au camp très tôt, il n’est pas encore midi. Je pourrais faire 25 kilomètres à pied pour rejoindre la prochaine ville dans l’après midi, mais il n’y a aucune raison de se presser, alors j’installe ma tente et vois arriver mes camarades au fur et à mesure de l’après midi.
Nous commençons à nous organiser pour les deux prochaines semaines. Au programme la traversée 42, une randonnée de 2 jours à travers un massif montagneux forestier, le franchissement du parc national de Tongariro, un des plus beaux parcs du pays avec son activité volcanique et s'enchainera quelques jours après une descente en canoë de 5 jours.
Ça sent l’aventure !
🗓️ Le 08 décembre 2025
🏁 Kilomètres : 1067
Pas de grand programme pour aujourd’hui. Je me réveille tôt et me mets rapidement en route afin d’atteindre avant midi la ville de Taumaranui qui se situe à 25 km, pour avoir le temps de faire un cycle de lessive et de préparer des provisions pour les deux prochaines semaines. La compagnie qui gère la location des canoës que nous utiliserons dans une dizaine de jours accepte de conserver les denrées dont nous aurons besoin et nous les amènerons en même temps que les canoës. C’est pratique, cela nécessite juste un peu d’organisation… Une fois dans le supermarché, nous essayons de jauger ce dont nous aurons besoin pour ces deux prochaines semaines, le remplissage du caddie est un peu chaotique, il semble que j’ai bien trop de nourriture et en même temps je dois être sûr d’en avoir assez !
Je loue un motel que je partage avec Ellen d’Australie, cela fait une dizaine de jours que nous nous côtoyons dans le même groupe, qui compte environ une douzaine de personnes, même si nous ne marchons pas toujours au même rythme et sommes un peu dispersés. Cependant, le plan est de se retrouver pour le départ de la descente en canoë et de partager une grande maison après cela, afin de célébrer Noël tous ensemble !
J’ai du mal à concevoir que Noël arrive déjà dans deux bonnes semaines !
Add comment
Comments