🗓️ Le 15 novembre 2025
🏁 Kilomètres : 554
En quittant notre logement ce matin, nos originaux hôtes tiennent à nous dire au revoir avant que nous ne partions. Ils sortent de leur maison, Roma en robe de chambre et Graham avec un look poncho / bottes de pluie qui donnerait des sueurs froides à Cristina Cordula et au défunt Karl Lagerfeld ! Leur enthousiasme et leur authenticité m’ont touché en plein cœur.
Nous marchons en un joyeux trio, en racontant nos parcours de vies, des anecdotes de boulot ou encore en blaguant (j’en ai d’ailleurs appris une très bonne, je vous la raconterai avec plaisir la prochaine fois qu’on se verra !). Nous essayons d’arriver le plus tôt possible pour profiter du Pub anglais qui nous attend au village d’arrivée, même si avec Greg et Ashley se hâter est un euphémisme, ils adorent ponctuer leur marche de petits arrêts afin de parler aux animaux de ferme, observer des plantes ou s’émerveiller devant quelques hasardeuses curiosités. J’adore leur spontanéité, il est plaisant d’être au contact de personnes pleines de qualités humaines.
Après cinq bonnes heures de marche nous arrivons au Pub de Puhoi, établissement renommé pour sa bière et alcools en tous genres. La salle principale est recouverte de billets de banque du monde entier qu’attachent les clients aux murs, tradition préservée depuis son ouverture en 1879. Nous buvons quelques verres, prenons notre déjeuner et nous rendons ensuite à la location de kayaks pour la descente de la rivière Puhoi sur 7 kilomètres. L’étrangeté de ce cours d’eau, c’est qu’il se trouve au niveau de la mer, ce qui fait que l’eau douce se mêle à l’eau de mer lorsque la marée est montante. Nous avons besoin d’une marée descendante pour le parcourir, et la gérante s’étant trompée sur les horaires des marées, nous pouvons retourner au Pub pour une autre tournée !
À 16h, nous embarquons dans nos kayaks positivement joyeux pour une descente en toute facilité. Les décors sont superbes avec le soleil baissant, les ombres allongées et les oiseaux nichés le long de la rivière. Les saules pleureurs se penchent au dessus du cours d’eau en faisant tremper leur branches basses et les roseaux touffus servent de cachette aux canards et cygnes. Au fur et à mesure que l’on se rapproche de la mer, la mangrove se fait plus compacte. Après une bonne heure et demi, nous atteignons le ponton où nous débarquons nos kayaks et récupérons nos sacs à dos. Nous passerons la soirée dans nos tentes au camping tout proche.
🗓️ Le 16 novembre 2025
🏁 Kilomètres : 572
La rando du jour commence le long d’un sentier aménagé qui grimpe à 150 mètres en surplombant quelques falaises. Je redescends ensuite le long d’une plage, puis marche au bas d’autres falaises en alternant plages et rochers pour quatre kilomètres. Avec les hautes parois à ma droite, l’océan bleu à ma gauche et la verdure surplombant les à-pics, j’ai droit à un superbe spectacle. J’arrive ensuite dans la ville d’Ōrewa que je traverse sur 9 kilomètres, non sans profiter d’un copieux “petit” déjeuner. Je passe la soirée dans une chambre trouvée sur Air Bnb.
🗓️ Le 17 novembre 2025
🏁 Kilomètres : 602
Ma dernière journée de marche avant de prendre du repos à Auckland, en démarrant par 8 kilomètres le long de routes particulièrement passantes. Il n’y a pas de trottoirs ni d’accotements ce qui rend ma progression pénible. Cependant, au niveau des deux derniers kilomètres, je rejoins une zone de travaux avec une circulation alternée par des feux. L’agent chargé de la sécurité du site m’autorise à passer et me laisse marcher le long du kilomètre de travaux en bloquant la circulation des deux côtés. Pendant 10 minutes, j’avance sans croiser une seule voiture. En arrivant au bout, une longue file de voitures est en train de patienter … s’ils savaient que c’est à cause de moi qu’ils attendent depuis si longtemps ! Je me sens comme un gros convoi exceptionnel !
Après avoir atteint le petit village de Stillwater, je m’engage le long d’un sentier côtier de 4 kilomètres. En arrivant au bout, je rejoins une petite troupe de 10 randonneurs qui attendent patiemment la marée descendante pour franchir l’estuaire de Okura. Avec son kilomètre de largeur, le traverser est relativement aisé, ses eaux étant peu profondes sauf sur une portion d’une centaine de mètres de largeur où l’eau nous arrive au dessus des hanches. En faisant sécher nos habits sur un arbre échoué après le franchissement de l’estuaire, nous avons l’air de rescapés d’un naufrage.
Il me reste 17 kilomètres pour terminer ma journée, dont une partie que je fais avec Greg et Ashley le long des falaises sur les rochers découverts à marée basse. Ils m’initient à une dégustation d’huîtres en les décrochants de leurs rochers en donnant un coup de pied, puis à l’aide de leur couteau suisse se débrouillent pour les ouvrir. Nous n’avons pas de citron mais la fraîcheur est garantie ! Je quitte ensuite les américains qui passeront la nuit dans un camping proche. Mon avancée est ponctuée de plages à arpenter, de longues rues dans des quartiers d’habitation à traverser et parfois de rochers sous les falaises à franchir. Je connais le chemin, l’ayant déjà parcouru trois ans auparavant lors d’une de mes escales. Les souvenirs remontent, je me demandais à l’époque quelles sensations je ressentirais d’être sur ce trek dont j’ai rêvé si longtemps. C’est fantastique de passer des rêves à la réalité !
Sur l’une des longues plages, je vois une dame qui s’approche en faisant des signes. Elle me demande si je parcours Te Araroa et insiste pour m’offrir une glace ! Ces gens ont des cœurs en or ! Nous prenons un peu de temps pour discuter et je continue mon chemin. La météo est superbe, je me sens chanceux d’être là. Je franchis mon 600ème kilomètre avec fierté et sors du trail au kilomètre 602 où mon amie Marylène habite.
Je suis prêt pour un bon repos !
Add comment
Comments