🗓️ Le 03 mars 2026

🏁 Kilomètres : 2775

 

Nous avons aujourd’hui rendez-vous à midi à Milford Sound au comptoir de la compagnie qui gère les croisières sur laquelle notre ami Hal nous a réservé trois places. Il y a une bonne heure et demi de route, et nous sommes chanceux de trouver une voiture en faisant du stop en moins de deux minutes.  Il s’agit de deux filles qui voyagent en van, l’une d’elle venant des États Unis et l’autre qui a grandit à Dubai et dont le père est … pilote chez Emirates ! Les hasards sont fous !

 

Cette partie du pays appelé “Fjordland” se situe au sud ouest de la Nouvelle Zélande et se constitue comme son nom l’indique d’une multitude de Fjords s’étalant sur environ 230 kilomètres de long et une soixantaine de large. Le Milford sound est l’un des seuls accessible par la route, d’où sa grande popularité. Un petit aéroport permet de faire de courts vols de tourisme en petits avions et hélicoptères (quasiment 300 vols par jour en période estivale) et de nombreuses croisières d’une durée de deux heures sont organisées chaque jour.

 

Nous découvrons le bateau sur lequel Hal nous a fait une réservation et sommes époustouflés : ça n’est pas un gros bateau avec des tas de touristes serrés comme des sardines, nous avons droit à une embarcation plus petite et plus comfortable qui doit compter une trentaine de passagers. 12h30, le bateau quitte l’embarcadère et la croisière commence.

 

Comme tout autre Fjord, de hautes montagnes dont certaines dépassent 1600 mètres de hauteurs tombent directement dans l’océan, et il peut atteindre une profondeur de 400 mètres. Les faces de ces géants de pierre ont été lissées par les mouvements des glaciers qui s’y trouvaient entre -75000 et -15000 ans. De nombreux végétaux se nichent dans chaque anfractuosité de roche, ne disposant d’aucune terre pour grandir mais peuvent compter sur une pluviométrie abondante de 250 à 300 jours par an, avec de 6 à 7 mètres de précipitations annuelles.

 

Quelques cascades agrémentent les décors, donnant un effet surréel aux lieux. La plus haute tombe de 162 mètres de hauteur directement dans l’océan. Nous avons droit à une météo idéale, il semble que nous soyons bénis. Le bateau s’arrête à côté d’une sorte de plate-forme rocheuse basse où quelques phoques se prélassent au soleil. J’ai l’impression que c’est le type d’animal que l’on ne peut généralement observer qu’au travers de documentaires.

 

Une fois le bout du Fjord atteint, là où il laisse place au vaste océan, le bateau fait demi tour et nous sommes invités à passer à table. Le déjeuner est présenté comme si nous étions dans un restaurant gastronomique et est délicieux. Nous avons aussi droit à un dessert et au thé/café à volonté. Nous sommes des randonneurs affamés, alors nous en avons profité ! (J’ai bu trois chocolats chauds !).

 

Nous passons à proximité des cascades au retour, le bateau s’arrêtant si proche que nous pouvons en sentir les éclaboussures. Après deux heures de croisière, il est temps de quitter le navire (non sans regrets) et de se remettre à faire du stop pour rejoindre le sentier que nous avions quitté la veille dans la matinée. Nous ne marchons que 1h30 en fin d’après-midi et installons notre camp vers 18h. Nous prenons notre dîner en compagnie des innombrables sandflies.

 

Nous avons vraiment le sentiment d’avoir été privilégiés aujourd’hui !

 

 

🗓️ Le 04 mars 2026

🏁 Kilomètres : 2803

 

Nous nous réveillons avec Yvan à minuit, il y a ce soir une éclipse de lune. Nous installons nos sacs de couchage dans l’herbe et sommes bien emmitouflés pour observer la lune prendre une teinte rousse. Le fabuleux ciel étoilé avec la Voie lactée et parfois quelques étoiles filantes est un spectacle qui me rappelle l’adolescence lorsque nous dormions dehors pour observer la traditionnelle nuit des étoiles filantes de la mi-août.

 

Le lendemain matin, nous commençons à marcher vers 8h et descendons la vallée en pente douce à travers une forêt. Nous avons la chance d’apercevoir subrepticement un Takahe, un oiseau bleuté de la taille d’une poule en voie d’extinction dont l’estimation est seulement d’environ 500 individus.

 

La forêt laisse place à des espaces ouverts majoritairement recouverts d’herbe jaunie et d’une rivière qui serpente au centre. Nous profitons de la pause déjeuner pour faire sécher nos tentes et sommes lents à nous remettre en marche, nous avons encore 16 kilomètres à parcourir dans l’après midi. Nous atteignons la hutte du soir vers 18h30 et avons la chance qu’elle soit vide ce soir, nous aurons le comfort d’une nuit à l’intérieur et d’un matelas, ce qui nous met en joie.

 

 

🗓️ Le 05 mars 2026

🏁 Kilomètres : 2833

 

Nous nous réveillons de plus en plus tardivement, probablement suivant le soleil qui lui aussi se lève chaque jour un peu plus tard, sentant que la fin de l’été est bien achevée. Nous commençons à marcher vers 08h30 pour une trentaine de kilomètres aujourd’hui. Le sentier continue de suivre la vallée, se perdant parfois à travers les herbes hautes et les zones marécageuses. Quelques pièges jonchent le chemin, avec nos pieds qui s’enfoncent parfois par surprise dans un mélange d’eau et de boue. Natalie se retrouve même avec de la boue au dessus des genoux.

 

Les paysages sont magnifiques, la vallée est ouverte avec la rivière bleutée qui coule en son centre, les étendues d’herbe jaunie et les montagnes basses couvertes de pierres en arrière plan. A la mi journée, nous atteignons les lacs Mavora, le lac nord qui est le plus grand des deux, s’étalant sur une douzaine de kilomètres, puis le lac sud plus petit, bordé de forêt.

 

Je campe seul ce soir, il semble que Natalie et Yvan se soient arrêté plus tôt que prévu. La vue sur le lac depuis ma tente est bucolique et l’atmosphère très paisible.

 

🗓️ Le 06 mars 2026

🏁 Kilomètres : 2871

 

Une journée un peu moins amusante, je dois marcher huit kilomètres dans la forêt (ce qui va bien) mais ensuite péniblement 30 kilomètres le long d’une route de graviers. Je me console en sachant que ce sera la dernière grosse section le long de routes. C’est une vraie épreuve psychologique, j’essaye de me distraire comme je peux avec les paysages (malheureusement pas très variés).

 

Je dors à Te Anau cette nuit où je rejoins Natalie et Yvan, avec bien sûr provisions et lessive à faire comme routine habituelle.

 

 

Photos du 03 mars 2026

Photos du 04 mars 2026

Photos du 05 et 06 mars 2026

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