🗓️ Le 14 mars 2026

🏁 Kilomètres : 3064

 

L’avant-dernier jour ! Nous prenons un petit déjeuner dans un café de Riverton et rejoignons ensuite la plage, la majorité de la marche du jour se faisant le long de l’océan. Le ciel est gris, nous attendons quelques giboulées et surtout, le vent est infernalement puissant ! Nous devons avancer penchés sur la droite pour compenser les bourrasques venant de l’océan qui nous fouettent.

Il est impossible de faire la conversation dans ces conditions, alors nous avançons chacun à notre rythme, je choisis de mettre de la musique et de chanter à tue-tête, cette nature survoltée est enivrante, vivante, donne envie de danser et de sautiller !

Il est amusant de constater que cette fin d’aventure se déroule dans le sens opposé au départ, nous commencions par une longue plage et ensuite une forêt boueuse, et ici au bout de la route la forêt boueuse est suivie par une longue plage. Je déroule tous les souvenirs accumulés depuis le départ, il semble qu’il y ait une éternité qui s’est écoulée depuis. Je repense à mes premiers pas sur Ninety Miles Beach, je me demandais alors si j’arriverais jamais au bout, si je serais épargné par les blessures, les malchances ou tout simplement par l’ennui de marcher ? Au fond de moi, j’ai toujours su que j’ai une bonne étoile qui m’accompagne. Comment pourrait-il en être autrement sachant la chance que j’ai de me tenir ici, au bout de la Nouvelle Zélande !

Après plus ou moins 25 kilomètres de plage, je rejoins une route que je suis pour huit kilomètres afin de rejoindre la ville D’Invercargill, dernière grande ville du pays qui compte 50.000 habitants. Nous passons la nuit dans une auberge de jeunesse très bruyante, partageons un dîner mexicain et essayons de nous reposer en vue de cette dernière journée de marche !


 🗓️ Le 15 mars 2026
 🏁 Kilomètres : 3100

La dernière journée ! J’ai environ 35 kilomètres à faire, je commence vers 8h30 avec une météo venteuse et probablement quelques giboulées plus tard. Pour les 25 premiers kilomètres je marche le long d’une piste cyclable, dans une réserve naturelle d’abord puis le long d’une route. En soi, ça n’a rien de bien merveilleux pour LA dernière journée, mais je me sens bien sûr excité et nostalgique. Je repasse dans ma tête les différentes étapes parcourues, les différentes personnes rencontrées, je repense à toute la générosité dont nous avons bénéficié de la part des Néo-Zélandais. Je me fais la promesse autant que possible d’aider les gens qui voyagent en sac à dos et tendent leur pouce au bord de la route, je réalise ô combien un sac à dos recèle d’aventures !

Durant mes longues heures de marche, j’ai eu maintes opportunités de penser à vous qui me lisez, j’ai forcément au minimum eu une pensée pour chacun de vous. Je pensais que le fait d’approcher de la fin me déprimerait, m’attristerait profondément… Mais c’est l’effet contraire qui se produit ! J’ai vécu huit ans à Dubaï, je savais que ma transition avant de revenir serait ces six mois en Nouvelle Zélande et qu’ensuite je retournerais en France. Et je suis prêt à rentrer ! La boucle est bouclée, je suis enthousiaste à l’idée de tous vous retrouver, de faire des jeux, de partager des repas, des randos, des discussions. J’ai hâte de redécouvrir l’Alsace, de faire un jardin, de retourner vivre dans ma maison (dans laquelle je n’aurai vécu qu’un an !), d’être avec mes parents et mes frères et sœur qui m’ont apporté un soutien essentiel, de rencontrer ma nièce Léa pour la toute première fois !

Surtout j’ai hâte de notre nouvelle vie avec Tiago. Sans son amour et son support, l’aventure aurait été impossible. Le courage qu’il a eu de me laisser partir pour une période si longue est admirable. Tiago je t’aime encore plus si c’est possible, car la liberté que tu me donnes me fait pousser des ailes et me donne toute la sérénité nécessaire à vieillir ensemble.

Une pensée pour Steve également qui nous a quittés durant le périple et que nous aurons emmené en pensées jusqu’au bout.

A mi-parcours, je rejoins Natalie et Yvan qui ont partiellement échappé à la marche le long de la route et nous terminons ensemble les huit derniers kilomètres. Entre temps, nous avons aussi eu la surprise de voir Nathan et Georgia (deux autres randonneurs qui ont terminé le parcours un jour avant nous) s’arrêter au bord de la route avec leur van et nous offrir de quoi nous donner de l’énergie et de la motivation : un cookie, une mini-tourte typique de Nouvelle Zélande et du chocolat chaud. Une délicate attention qui nous réchauffe le cœur !

Nous atteignons la presqu’île de Bluff, une colline rattachée au continent par un bras de terre. Ici nous retrouvons l’ambiance sauvage que nous avions eu tout au départ du Cap Reinga. Le vent rend la mer bleue agitée, l’écume blanche s’écrase sur les rochers noirs, nous marchons dans des champs de vaches d’un vert éclatant ; même si le soleil est timide, les dernières couleurs de notre aventure sont toniques.

Nous suivons le sentier qui contourne la presqu’île sur une moitié avant de grimper au sommet de la colline et qu’enfin nous descendions vers la mer. Les derniers kilomètres défilent trop rapidement, il semble que désormais nous ne pouvons plus arrêter nos pas. Trois kilomètres, deux kilomètres, un kilomètre, 500 mètres… Nous conservons un ton joyeux, bon enfant. Merci Natalie et Yvan, j'ai passé la majeure partie de mon aventure avec vous deux et ce fut un plaisir quotidien d'être à vos côtés ; vous incarnez la gentillesse, la spontanéité, la créativité et l'authenticité. Mes pensées vont bien sûr à tous les autres : Jolly, Matteo, Gregg, Ashley, Elle, et bien d'autres !

Ça y est, le point final est en vue, une plateforme une dizaine de mètres au-dessus de l’océan avec un panneau indiquant différentes directions dans le monde. Nous approchons ensemble et touchons le poteau en même temps, marquant le dernier pas de notre périple. D’autres randonneurs arrivés un peu plus tôt nous applaudissent et nous offrent une bière. Je pensais que l’émotion me submergerait, mais à la place je ressens une grande joie d’être ici, arrivé au bout en compagnie de mes amis d’aventure. Nous prenons quelques photos, faisons une petite chorégraphie improvisée et prenons le temps de profiter de cet endroit que nous avons imaginé si souvent.

Nous resterons encore ensemble quelques jours, irons retrouver nos autres compagnons qui sont encore sur le trail quelques jours derrière nous, ferons une randonnée dans les fjords, puis nous nous séparerons.

Sur ces mots se termine le blog. Merci de vos précieux mots d’encouragements tout au long du voyage, mais aussi de votre soutien avant l’aventure, vous étiez tous persuadés que j’allais y arriver.

Je termine ce récit avec ma citation favorite de Paolo Coelho : “Si vous pensez que l’aventure est dangereuse, alors essayez la routine, elle est mortelle”.
Mais rassurez-vous mes amis, en votre compagnie, la routine n’existe pas !

 

 

Photos du 14 mars 2026

Photos du 15 mars 2026

Add comment

Comments

There are no comments yet.